Jean-François Chagnon
Réalisateur d'humour

Entrevue avec Jean-François Chagnon

Entrevue avec Jean-Francois Chagnon

SAM: Salut Jean-François! Au sein des Appendices, est-ce que l’écriture et la création se font toujours en groupe?

Jean-François: Oui. Sur le plan créatif, tout le monde a son mot à dire. On commence par faire des brainstorms et ensuite, on écrit les sketchs seul ou à deux. J’écris beaucoup avec Jean-François Provençal. Ensuite, on lit ça ensemble et tout le monde commente et retravaille certains sketchs. Et c’est souvent quelqu’un d’autre qui va partir avec ton idée pour l’amener plus loin, donc tout le monde finit par avoir tout écrit. Dès l’écriture, on est conscient des contraintes de production, ce qui fait en sorte qu’on va s’imposer un nombre de sketchs par personnage ou par lieu.

Je suis devenu réalisateur parce que je n’aimais pas les réalisateurs.

 SAM: Comment en est-tu venu à réaliser Les Appendices?

Jean-François: Je suis devenu réalisateur parce que je n’aimais pas les réalisateurs. Au début, on n’était jamais content du travail des réalisateurs sur Les Appendices alors j’ai commencé à le faire moi-même. Quand j’ai commencé à réaliser, c’était pour que nos idées soient bien faites. On a vite appris à jouer avec les contraintes et je l’ai réalisé encore plus en étant réalisateur. Je vais savoir assez rapidement si une blague n’est pas assez drôle pour mettre autant de temps de production dessus. Au fil des années, on a pris tous les postes créatifs: moi je réalise, quelqu’un va faire la musique, un autre s’occupe du montage, d’autres des infographies ou des effets spéciaux. Tout ce qui est créatif, on le fait de A à Z. Pis moi, je me suis rendu compte que réaliser, c’est ce que j’aimais le plus, davantage que de jouer ou écrire.

SAM: Comment envisages-tu ton rôle de réalisateur pour des projets que tu n’as pas écrits?

Jean-François: Je travaille surtout avec des humoristes ou des auteurs d’humour. Et c’est super important pour moi que la personne soit contente et que le résultat de mon travail soit ce qu’il imaginait. On n’est pas dans des guerres d’ego, car c’est contreproductif. L’idée, c’est que la réalisation soit toujours on point sur l’humour.

90% de la direction d’acteurs se passe dans le casting. Quand t’as choisi la bonne personne, tu n’as pas grand-chose à faire ensuite.

SAM: Comment arrives-tu à bien communiquer ta vision lorsque tu réalises?

Jean-François: 90% de la direction d’acteurs se passe dans le casting. Quand t’as choisi la bonne personne, tu n’as pas grand-chose à faire ensuite. Ayant joué, je sais comment bien diriger un acteur en expliquant ce que je recherche, sans jamais le jouer pour lui. Je me concentre sur le mécanisme humoristique et je me questionne sur d’où part le texte. Sur Les Appendices, je n’ai pas vraiment à diriger, car on connaît les intentions des textes. Quand je travaille avec Marc Labrèche ou Martin Matte, ils ont tellement de talent que mon travail, c’est plus de comprendre comment placer la caméra. Ces gens-là connaissent déjà leur ton, je n’ai pas besoin de leur indiquer.

SAM: Dirais-tu que tu es caméléon ou tu veux vraiment qu’on sente ta signature dans tes projets?

Jean-François: Je ne suis pas nécessairement caméléon… L’important pour moi, c’est que ce soit le plus drôle possible. Quand tu n’écris pas le scénario, c’est de faire la mise en scène de ce qui est là. Mon seul but, c’est l’efficacité comique, que ça fonctionne, et de ne jamais nuire à ce qui est écrit.

Sur Les Appendices, notre façon de fonctionner, c’est de tourner plus pour couper ensuite. On préfère se donner le luxe de tourner plus de matériel que de prendre plus de temps pour écrire moins de sketchs.

SAM: As-tu déjà pris des mauvaises décisions de réalisation?

Jean-François: Oui. Quand on fait du volume, ça arrive que l’angle que tu prends ne soit pas le bon. On va commettre plus d’erreurs. Des fois, c’est le texte ou c’est l’interprétation qui ne marche pas. Mais sur Les Appendices, notre façon de fonctionner, c’est de tourner plus pour couper ensuite. On préfère se donner le luxe de tourner plus de matériel que de prendre plus de temps pour écrire moins de sketchs. C’est ce qui marche le mieux pour nous.

SAM: Es-tu seulement intéressé par l’humour ou tu te verrais aller dans d’autres genres?

Jean-François: Ça ne m’intéresse pas de faire autre chose que de l’humour. J’ai des projets de fiction, mais c’est toujours de la comédie, du sketch. Ça fait 10 ans que je ne fais que ça.

Entrevue par Élise Madé

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