Melissa Maya Falkenberg
Quand porter plusieurs chapeaux devient une nécessité

Entrevue avec Melissa Maya Falkenberg

Entrevue avec Melissa Maya Falkenberg

SAM: Salut Melissa Maya! On peut dire que tu fais beaucoup de choses pour gagner ta vie…

Melissa Maya: Oui, on peut dire ça! Moi en fait, je gagne ma vie avec l’animation, la chronique parlée et écrite. Je suis auteure et photographe (pas à temps plein), mais je prends mes photos pour mes projets personnels, et j’ai mon studio d’enregistrement Home Sweet Home. L’année où j’ai écrit le livre Québec Western, j’étais en pyjama chez moi et j’écrivais. Donc les projets varient vraiment au fil des années. Cet automne, j’ai scénarisé un documentaire, Le retour du vinyle, réalisé par Christian Lalumière. Je suis toujours dans ce qui est la chronique d’humeur, le portrait, le documentaire et le magazine…

Moi, j’ai un côté geek, et quand je fais quelque chose, il faut que j’y aille à 100%.

SAM: Parle-moi de ton expérience en scénarisation de documentaire.

Melissa Maya: Il y a plusieurs façons de travailler. Moi, j’ai un côté geek, et quand je fais quelque chose, il faut que j’y aille à 100%. Pour le documentaire, on avait une heure de contenu à bâtir, et on voulait que ce soit accessible, historique, que ça bouge. On ne voulait pas mettre de l’avant juste des spécialistes, on voulait que ce soit artistique. C’est important pour moi qu’il y ait des personnages même si c’est un documentaire. Une autre chose importante pour moi, c’est d’avoir des filles qui parlent, car c’est vraiment frustrant quand on va toujours chercher des gars. J’ai donc cherché beaucoup d’intervenantes filles ayant une certaine spécialité en musique. Dans ce cas-là, le scénario du documentaire, c’était ma recherche. Il y a une partie que tu ne peux pas décider, car ça se joue en tournage. Il y a des documentaires où tout est scripté, mais moi ça m’intéresse moins.

SAM: Donc l’essentiel pour toi, c’est de présenter des personnages, de raconter une histoire?

Melissa Maya: Moi, ce qui m’intéresse le plus, c’est le contenu et les personnes qui vivent ce contenu. Je suis une maniaque des passionnés, de ces gens qui font les choses différemment. Ce ne sont pas toujours des gens populaires ou des personnalités connues. J’aime aller chercher ce qui est super vibrant pour le cœur de ces personnes… Tout ce que je fais finit toujours par avoir un lien avec le western. Je tombe souvent sur des personnes qui veulent faire les choses à leur façon.

Quasiment tous mes projets tournent autour de quelque chose que je respecte, qui est ma passion aussi, donc je dirais que c’est toujours facile, car il y a une confiance qui est là.

SAM: Comment fais-tu pour approcher les gens lorsque tu fais du travail documentaire?

Melissa Maya: Dans le cas de Québec Western, tant pour le magazine à Télé-Québec que pour le livre, on a réussi à avoir des personnes qui ne veulent habituellement pas donner d’entrevues, car elles ont été déçues dans le passé en faisant rire d’eux. Quasiment tous mes projets tournent autour de quelque chose que je respecte, qui est ma passion aussi, donc je dirais que c’est toujours facile, car il y a une confiance qui est là. Mes courriels sont longs quand j’approche des gens! Il faut que tout soit dans le premier courriel: ça va être diffusé à tel moment, est-ce qu’il auront droit à une rémunération ou pas… Je vais envoyer des exemples de trucs que j’ai faits pour qu’ils sachent à quoi s’attendre. Je m’arrange pour que la personne ne me dise pas non. Il faut montrer l’exemple, gagner la confiance des gens.

SAM: Quand on fait des reportages ou du documentaire, comment faire pour présenter le sujet sous l’angle le plus intéressant possible?

Melissa Maya: C’est d’aller plus loin que ce que t’entends partout. Faire l’effort de plus, en se préparant, en lisant tout sur la personne que tu vas interviewer. J’essaie de voir ce qui n’est pas assez développé quand on lit sur la personne, aller chercher ce qui m’intéresse. C’est de ne pas trop me prendre au sérieux aussi.

Si je ne faisais rien, je n’aurais aucun appel. C’est aussi simple que ça. Tu sors de l’université, tu penses que tu es bon à quelque chose, mais tout le monde s’en fout.

SAM: Pourquoi as-tu décidé de partir tes propres projets?

Melissa Maya: Si je ne faisais rien, je n’aurais aucun appel. C’est aussi simple que ça. Tu sors de l’université, tu penses que tu es bon à quelque chose, mais tout le monde s’en fout. Donc quand tu commences, tu n’as pas le choix de commencer tes projets. Même après 15 ans d’expérience, personne va te dire : «Tiens, voilà, voici ton show.» Il faut faire ses preuves. Et aussi, il y avait des sujets qui m’allumaient vraiment dont je n’entendais jamais parler, comme le folk, le country. J’ai voulu en parler.

SAM: En quoi est-ce une richesse pour toi de porter autant de chapeaux?

Melissa Maya: Je ne m’ennuie jamais. J’aime beaucoup être en tournage, mais être aussi toute seule en pyjama. C’est ma façon à moi de gagner ma vie là-dedans parfaitement comme je veux. Je ne suis pas une auteure connue qui peut gagner sa vie juste avec ses livres ou une animatrice qui anime une émission. Je n’ai pas le choix d’être versatile. Et moi, ça fait mon affaire. Tous ces trucs se nourrissent entre eux. Je côtoie beaucoup de musiciens dans mon studio, alors quand je fais des entrevues avec eux, ça me sert beaucoup. Je fais des arts visuels, je réalise. Le contenant est aussi important que le contenu, donc tout se nourrit.

Entrevue par Élise Madé

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