Sonia Cordeau
Jeu, écriture et musique

Entrevue avec Sonia Cordeau

Entrevue avec Sonia Cordeau

SAM: Salut Sonia! Tu ne fais pas que jouer dans Les Appendices, tu participes aussi à l’écriture. Comment fonctionne le processus de création entre les membres du groupe?

Sonia: Au début de la saison, on fait un brainstorm sur ce qu’on a le goût de faire et les personnages qu’on a envie de garder. Après ce remue-méninges, on écrit des sketchs seul ou en duo. On va faire beaucoup de réunions d’écriture et de script-édition entre nous. Quelqu’un va modifier un sketch que j’ai écrit pour l’amener plus loin et vice versa. Ce qui est le fun des Appendices, c’est que c’est un ramassis de tous nos univers. Moi, par exemple, Michel Tremblay m’a beaucoup marquée, donc j’ai amené une référence à Michel Tremblay avec Les rois de la main.

SAM: D’où t’es venu ce désir d’écrire?

Sonia: Le désir d’écrire est venu par la force des choses. Ça a commencé avec Les Appendices. Je voulais pousser l’écriture dans ma carrière, et je suis souvent bien heureuse d’être toute seule chez nous pour écrire. J’ai des affaires à dire, j’ai un univers à proposer. Je me rends compte que le monde a le goût de l’entendre.

J’aime aller piger dans les univers des autres auteurs ou artistes pour plonger dans mon univers.

SAM: Qu’est-ce qui t’inspire sur tes autres projets?

Sonia: Des fois, c’est une affaire que j’ai vue, une réplique, une situation, une dynamique de personnages. Des fois, c’est l’environnement… Au théâtre, faut le savoir tôt, ils vont être dans quoi, eux autres. Aussi, j’aime aller piger dans les univers des autres auteurs ou artistes pour plonger dans mon univers.

J’ai l’air schizo quand j’écris, parce que je parle à voix haute.

SAM: Est-ce que le fait d’être aussi comédienne apporte une dimension à ton écriture?

Sonia: Oui, ça me donne une longueur d’avance dans les dialogues. Je sais qu’il va falloir les dire, alors j’écris toujours en fonction d’être la plus vraie possible. J’ai l’air schizo quand j’écris, parce que je parle à voix haute. Je m’écris des trucs sur mesure, des choses qui vont faire sortir mon comique. Je sais que je peux rendre cette affaire-là drôle. Sur papier, des fois, ce n’est pas très drôle, mais je sais que mon jeu va apporter la dimension comique.

SAM: Aimes-tu juste faire du comique?

Sonia: Les deux. Dans le projet Bocal, ma compagnie de théâtre, j’aime vendre quelque chose de drôle, mais on aime ça pogner les gens du public, les amener dans l’émotion alors qu’ils ne savaient pas qu’on irait là. Quand j’écris des chansons, je suis dans quelque chose de senti, zéro comique. C’est là que je vais chercher une écriture moins comique.

SAM: Comment aimes-tu te faire diriger en tant que comédienne?

Sonia: Des fois, «j’haïs» ben ça, des fois j’adore ça. Ça peut arriver que j’haïsse ça quand je trouve que le réalisateur veut quelque chose de plaqué, et que je ne sens pas que c’est la meilleure affaire. Quand la personne n’a pas la patience de voir ce que je peux proposer, que le réalisateur a une idée claire et qu’il ne veut pas en déroger, c’est castrant. Mais tant mieux des fois si la personne a réussi à me pousser. Il faut vraiment que j’aie confiance en le réalisateur.

SAM: Quels sont les personnages qui t’inspirent en tant que comédienne?

Sonia: J’aime trouver la faille du personnage, trouver son racoin où c’est plus mou, pas solide, solide. C’est l’fun d’aller chercher ça. Sinon, j’aime beaucoup la comédie et jouer le malaise. Ce sont des zones de jeu que j’aime ben gros.

L’école de théâtre, ça m’a beaucoup inculqué l’importance des camarades, du respect qu’il doit y avoir entre nous. Aussi, ça m’a appris à avoir de l’audace, à ne pas être trop scolaire.

SAM: Est-ce que ta formation au conservatoire te sert encore aujourd’hui?

Sonia: Oui. Ça m’a appris une discipline, ça m’a amené le goût du travail bien fait. Et aussi, ça m’a beaucoup inculqué l’importance des camarades, du respect qu’il doit y avoir entre nous. Aussi, ça m’a appris à avoir de l’audace, à ne pas être trop scolaire. Il faut aller plus loin que ce qu’on nous demande.

SAM: Penses-tu que tu peux jouer tous les rôles?

Sonia: Non, je ne pense pas. Il y a des personnes meilleures que moi pour certaines affaires et il faut avoir l’humilité de le dire. Des fois, j’aimerais avoir la chance de prouver que je peux jouer des choses plus dramatiques. Quand on nous voit dans des affaires juste comiques, on est associé à ça et ça devient plus dur de faire autre chose.

Entrevue par Élise Madé

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