Stéphanie Weber-Biron
L’art de la lumière et du cadrage pour raconter des histoires

Entrevue avec Stéphanie Weber-Biron

Entrevue avec Stephanie Weber-Biron

SAM: Bonjour Stéphanie! Tu as fait de la direction photo autant pour du documentaire que de la fiction. Dirais-tu que c’est un atout de faire les deux?

Stéphanie: C’est complémentaire parce que ça me force à être plus flexible. En documentaire, je dois faire des éclairages avec très peu de lumière et ça m’amène à apporter plus de spontanéité en fiction. Plus on fait différents types de projets, plus ça nous permet d’avoir une vision d’ensemble. C’est enrichissant!

 SAM: Comment travailles-tu avec les réalisateurs?

Stéphanie: Des réalisateurs ont une idée plus précise que d’autres sur ce qu’ils désirent en terme de direction photo. Moi, j’ai développé l’habitude de travailler étroitement en préproduction. Je leur propose une liste de plans et je l’élabore avec eux. On s’échange des inspirations, des photos, des films, une peinture, n’importe quoi de visuel…

J’ai une passion pour le visuel point. Et puisque je suis pas bonne en dessin, j’ai choisi les collages pour m’exprimer! J’ai toujours beaucoup aimé les différentes textures, et les exposer.

 SAM: Dirais-tu que tu es caméléon ou tu veux vraiment qu’on sente ta signature dans tes projets?

Stéphanie: Les deux! Au fil des ans, j’ai développé un goût particulier. Donc si le réalisateur me pousse dans une direction que je n’aime pas, je vais essayer de le convaincre d’aller dans une autre direction. Au départ, quand je fais mes choix de projets, je m’assure que nos visions soient complémentaires. Mais j’aime faire plusieurs looks, me plonger dans l’univers spécifique de chaque histoire, tout en appliquant la vision du réalisateur. Des fois, je peux travailler deux fois avec le même réalisateur mais avec des looks différents car le projet le demandait.

SAM: Il paraît que tu adores faire des collages. En quoi ton attrait pour le collage et les arts visuels transparait dans ton travail?

Stéphanie: J’ai une passion pour le visuel point. Et puisque je suis pas bonne en dessin, j’ai choisi les collages pour m’exprimer! J’ai toujours beaucoup aimé les différentes textures, et les exposer. Ça se sent dans mon amour pour le département artistique et les costumes. Je discute beaucoup avec les directeurs artistiques pour savoir si on va utiliser une palette de couleurs précise.

J’ai beaucoup de sympathie, de compréhension pour ce que le réalisateur fait. Je sais à quel moment leur laisser de l’espace. Et surtout, j’essaie de les protéger de bugs techniques. Si t’es capable de régler le problème toi-même, tu ne lui en parles pas.

SAM: Tu es aussi réalisatrice… Est-ce que le rôle de DOP et de réalisatrice sont complémentaires?

Stéphanie: J’ai fait 6 courts métrages et des vidéoclips en tant que réalisatrice. Mon expérience comme réalisatrice, ça fait en sorte que je peux me mettre dans la peau du réalisateur quand je suis directrice photo. Je sais ce que c’est. J’ai beaucoup de sympathie, de compréhension pour ce que le réalisateur fait. Je sais à quel moment leur laisser de l’espace. Et surtout, j’essaie de les protéger de bugs techniques. Si t’es capable de régler le problème toi-même, tu ne lui en parles pas. J’ai travaillé plusieurs fois avec des réalisateurs sur leurs premiers longs métrages, et j’ai fait du montage aussi, donc mon but c’est de les aider à s’assurer qu’ils aient tout le matériel nécessaire en montage.

Entrevue par Élise Madé

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